Comment interpréter les actes de rupture et les stratégies de discours de continuité que révèle la lecture de l’actualité du Moyen-Orient ? L'annonce du démantèlement d'une cellule du Hezbollah, au Sinaï a confirmé les relations conflictuelles entre les autorités égyptiennes et la mouvance du Hizbollah, établies au Liban. Son chef avait, d’ailleurs dénoncé le comportement de l’Egypte, lors de l'offensive israélienne à Gaza, fin décembre. Ce fait raviva la tension entre l’Egypte et l’Iran qui soutient cette mouvance, dans le cadre de son positionnement dans l’axe de "la moumanaa" (le processus de non-acceptation), hostile à l’Egypte et à l’Arabie Saoudite. D’autre part, l’affirmation par l’Iran de son refus de reconnaître la souveraineté de l’Etat du Golfe, sur les trois îles qu’il a occupées et les risques de sa re-actualisation de ses ambitions sur Bahrein, suscita l’inquiétude des observateurs arabes (voir l’éditorial d’el-Quds, du 17 avril 2009). Cette valse d’annonces et de démentis, entretenue par la rumeur médiatique, n’est pas de nature à instaurer des relations apaisées, alors que la politique nucléaire de l’Iran est l’objet d’une sérieuse contestation internationale.
Peut-on inscrire ces actes, dans une compétition entre les "puissances régionales" au Moyen-Orient, à la faveur des mutations de l’environnement général ? Traduisaient-ils tout simplement des affirmations des "valeurs mythiques" de certains Etats du Moyen-Orient, confortées par certains antagonismes idéologiques ? Expriment-ils les effets de ce croisement du contentieux séculaire, du patrimoine historique et des nouveaux rapports de forces, depuis l’émergence de l’ordre pétrolier ? Au-delà des velléités hégémoniques, plus symboliques que réelles, ces actes doivent être redimensionnés comme simples faits de surface, des manifestations d’états d’âme, susceptibles d’entretenir un climat de tensions conjoncturelles, dont on peut s’en passer.
Par contre, le rejet du processus de paix et l’affirmation par Israël de sa volonté d’attaquer les centres nucléaires iraniens, constituent des risques significatifs graves. Homme de conviction, Barak Obama affirma sa volonté d’arrêter l’escalade et de dynamiser le processus de paix. Peut-il parvenir à vaincre la pesanteur de la géopolitique traditionnelle, c’est-à-dire, en d’autres termes, les acteurs hégémoniques et les lobbies qui les soutiennent ? Dans ce cas précis, si les problèmes sont régionaux, les solutions sont bel et bien internationales.
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