Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 12:44

 

Fait d’évidence et postulat que l’on ne doit pas perdre de vue, la démocratie est un droit et non une concession. Elle consacre la souveraineté populaire et ouvre l’horizon à l’alternance du pouvoir. Le gouvernement ne peut être la chasse gardée de personne, le privilège exclusif d’une caste ou d’une famille. Seul le vote confère la légitimité. On peut étudier les mécanismes, les évaluer, les corriger régulièrement, en relation avec les mutations de la société de l’économie paysanne, à la société industrielle, à la mondialisation et les instruments de la technologie de l’information, qu’elle met en œuvre. Mais ces changements n’affectent pas l’essence de la gestion démocratique et des sources du pouvoir qu’elle établit.

Pouvoir de la majorité, la démocratie se réfère à l’opinion publique globale, mettant sur le même plan, dans le processus du vote, les électeurs. Est-ce à dire qu’elle peut se permettre le privilège d’écarter les élites ? Ce risque doit être écarté, puisque les intellectuels organiques, qui sont par définition, au service de leurs peuples, refusent l’état de déracinement dans des pseudos tours d’ivoire. L’éthique de la citoyenneté fait valoir l’égalité devant la loi, dans l’état de Droit. Elle met fin aux féodalités modernes des républiques dynastiques, du clientélisme et de la segmentarité ethnique ou tribale et des différents privilèges. Nous sommes tous égaux devant les urnes et ses effets sur la prise de décision de la communauté et la législation qu’elle élabore. La démocratie met aussi en concurrence les espérances et les rêves. La recherche continuelle du compromis permet de définir les programmes prioritaires, dans un idealtypus de solidarité, qui doit être assumé par consensus.

La sortie de la dictature et la reconstruction  du pays met en compétition ceux qui souhaitent la transition dans l’ordre et les partisans de l’ouverture de nouvelles perspectives, sinon la création de nouveaux projets de société.  Les acquis institutionnels de l’Etat tunisien semblent privilégier le changement dans la continuité, la réactualisation  des structures de la bonne gouvernance, dans le cadre d’une démocratisation assumée par tous. Elle fait valoir la nécessité de se mettre au travail, de construire, de se mobiliser, en l’absence d’un père Noël, fut-il international, disposé à offrir dans un esprit totalement désintéressé. Dans ce domaine également, - je veux dire la scène internationale,  le jeu politique doit prendre en compte les enjeux d’une démocratie qui doit gérer la diversité.

Pr. Khalifa Chater

( Réalités, n° 1349, 3/11/2011)

Publié dans : Aire arabe
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