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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 16:34

Les analystes avertis ne se contentent guère d’analyser l’événement exclusivement d’après ce qui se passe sur la scène. Au-delà de l’affrontement sur le terrain, de la collision des forces des protagonistes et des discours des acteurs, qu’ils soient agresseurs ou agressés, l'examen de l’événement nécessite  une prise en compte des références respectives, érigées en postulats, une identification des objectifs respectifs, plus ou moins avoués et une connaissance des comportements politiques des uns et des autres. La guerre de Gaza illustre la complexité des composantes de l’affrontement israélo-palestinien, ses effets d’entraînement et le jeu des acteurs qu’elle a mis à l’ordre du jour, sur la scène, mais aussi l’avant-scène et l’arrière-scène.

Pour l’Establishment israélien, il s’agissait de faire valoir sa force de dissuasion et de mettre devant le fait accompli, Barak Obama, qui a affirmé sa volonté de mettre en exécution, la solution promise et constamment différée de la création de l’Etat palestinien. Il ne s’agissait point de marginaliser le parti Hamas, qui constitue l’ingrédient nécessaire à la désunion palestinienne. Dans cette optique, le gouvernement Olmert a célébré sa victoire, fut-elle entachée par le nombre élevé des victimes de son agression. Cette mobilisation pour un enjeu tactique trahit une occultation d’une vision stratégique qui impliquerait nécessairement la définition de perspectives d’avenir, en vue d’assurer la paix avec l’environnement et l’intégration dans l’aire de voisinage.

De son côté, Hamas, défini comme objet de la guerre et par conséquent protagoniste exclusif, par le gouvernement israélien, a mis en œuvre sa vision tactique. Se trouvant à l’avant-scène, lors de l’agression de Gaza, puisqu’elle qu’elle s’est érigé en pouvoir de fait, elle fait valoir, aux dépens de l’OLP, sa "légitimité", comme front de résistance, bénéficiant de l’appui de l’axe de la moumanaa, le processus de non-acceptation. Ce qui fait l’affaire des ennemis du clan des modérés et permet, à l'Etat hébreu, de l’utiliser comme prétexte du refus de la négociation.

A l’arrière-scène, un combat de soutien et parfois de surenchère, conforte la division palestinienne, offrant aux partisans des idéologies de repli et des projets de sociétés salafites, un terrain de manœuvre opportun. A cette occasion, des discours de légitimation d’un leadership des oulémas, selon la définition traditionnelle, est mis en exergue. Peut être faudrait - il rappeler, vu les mutations de l’aire arabe que les vrais leaders d’opinion sont les "intellectuels organiques" versés dans les sciences d’aujourd’hui, connaissant les exigences des temps présents, appréhendant les rapports de forces de la géopolitique. L’aire arabe a davantage besoin, durant cette épreuve, d’une privilégisation de "l’éthique de responsabilité", avec ce qu’elle implique de lucidité, de connaissance des rapports de forces et de quête des résultats, plutôt que de démonstration verbales.

Notre analyse doit cependant reconnaître que les tentatives de dérive, - certains se hasardent même à parler d’exploitation de l’événement - constituent heureusement l’exception et non la règle. Elles ne peuvent affecter les partisans d’une stratégie d’espoir, en faveur de perspectives de paix. Pour faire face aux défis, la communauté internationale devrait faire échec au " piège de la continuité", que le gouvernement Olmert a mis récemment à l’ordre du jour, anticipant les velléités de blocage du processus de négociation, par le gouvernement en formation, issu des dernières élections.

Pr. Khalifa Chater

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 13:05

Quelle signification accordée aux dernières élections israélienne ? Légère avance de Kadima, sur le Likoud, (28 des 120 sièges de la Knesset, contre 27), triomphe des partis de droite (65 sièges, contre 55), meilleure position de Nétanyahou, le chef du Likoud, pour former une coalition, les analystes européens se sont empressés de dégager les rapports de forces qui émergèrent lors de cette dernière consultation, d’évoquer les blocages qu’elles peuvent induire et de faire valoir les risques d’arrêt des négociations. Qu’en est-il au juste ?

Il serait certes excessif de définir ces élections comme un non événement.  Mais il faudrait relativiser leur portée, leur signification et leur impact. Utilisant leur grille de lecture, les journalistes occidentaux ont évalué les résultats de ces élections et tenté de dégager la répartition des mouvances qui se sont exprimées, entre la droite, le centre et la gauche ? Or, ces concepts importés, calqués et instrumentalisés pour appréhender un establishment spécifique, ne peuvent qu’induire en erreur, l’observateur non averti. Entre les appareils politiques israéliens, la démarcation idéologique couvre des nuances politiques, des luttes de personnes, des humeurs sinon des dérives. En ce qui concerne la question du processus de paix, problème essentiel et vital, les différentes composantes de la société politique sont unanimes dans leur recherche d’alibis pour gagner du temps, bloquer de fait les négociations et poursuivre la colonisation. Fut-elle non revendiquée, la politique d’expansion est à l’ordre du jour des différents partis, depuis l’assassinat de Rabin.

La guerre contre Gaza, dernier test définissant les options politiques des partis israéliens, a été l’objet d’un vrai consensus de la coalition au pouvoir. Elle bénéficia, de la part du Likoud, d’un  appui avec surenchère. Ironie du sort et remise en cause de la politique du regretté Rabin, cette guerre contre les civils fut dirigée par le chef du parti travailliste, qui s’est illustré, auparavant par la mise sur pied du blocage du processus de paix, sous prétexte de l’absence d’un interlocuteur palestinien, niant la représentativité du leader Yasser Arafat. Les tractations de ces derniers jours en vue de la formation du nouveau gouvernement par la recherche de l’alliance d'Avigdor Lieberman, le chef du parti ultranationaliste Israel Beitenou ("Israël, notre maison") attestent que l’Establishment israélien s’accommode d’une intégration d’un parti qui affiche son racisme.

Rien de bon à attendre, rien de nouveau, rien donc n’a changé. Le statu quo, en vigueur a mis en œuvre le feuilleton tragique de la colonisation et de la répression. En tant que logique d’action et perspectives d’avenir, la politique est bel et bien occultée. La mise en condition de l’électorat, les discours pour redimensionner les partisans de la paix et réussir ce référendum d’appui à la dérive guerrière, ne peuvent que favoriser l’escalade et la mise en péril de tous.

L’actualité a cependant montré la dépendance effective d’Israël du soutien extérieur, qu’elle sollicite régulièrement, sous prétexte qu’elle est sous la menace de son environnement. La nouvelle conjoncture de la guerre contre Gaza, qui a défini l’agression, ses méthodes et ses enjeux et l’émergence d’un nouveau pouvoir américain, soucieux de faire aboutir le processus de paix, constituent un tournant, susceptible de mettre à l’ordre du jour la création, au profit de tous, d’une aire de paix et pourquoi pas de coopération.

Pr. Khalifa Chater

 

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 19:53

La nouvelle approche de la Turquie de la question palestinienne, l’évolution de la politique jordanienne et les nouvelles options de l’Etat qatari, relayées énergiquement par la chaîne d’Algésira annoncent les velléités d’élaborer  une nouvelle carte géopolitique du Moyen-Orient et une remise en balance des clans et des axes, mis en œuvre dans l’aire. Derrière le consensus célébré, lors du Sommet du Koweit, les discours spécifiques des acteurs respectifs et surtout les comportements qu’ils mettent en oeuvre, font valoir une approche différentielle, plus tactique que stratégique. Ebauche d’un grand Moyen Orient, développement de la division idéologique, compétition entre les axes, la nouvelle donne met sérieusement à l’épreuve la question palestinienne.

Une révision de la politique turque ? La Turquie s’est toujours distinguée à l’instar de l’Iran du Chah par son alignement sur la politique occidentale. A cheval sur deux continents, au carrefour des axes Russie - Méditerranée et Balkans - Moyen-Orient, la Turquie a jusqu’ici privilégié son appartenance atlantique. Les positions qu’elle a prises, lors de la guerre contre Gaza, apparaissent comme un retour aux normes, corrigeant l’alliance traditionnelle. Peut-on expliquer ce revirement de la politique turque par une plus grande écoute d’une opinion publique de plus en plus remontée contre l’offensive ? Simple lifting ou mutation réelle, l’histoire nous apportera des éléments de réponse.

L’esquisse d’une nouvelle carte géopolitique ? Ces retrouvailles turques avec l’aire de l’appartenance, - qu’on ne peut expliquer par un retour à l’othmanisme anachronique -, s’inscrit dans une restructuration de la carte géopolitique du Moyen Orient, sous l’effet de graves événements qui ont ébranlé l’ensemble de l’aire. S’agit-il d’une volonté d’affirmer, à l’instar du Qatar, un leadership sunnite, favorable à Hamas, sensé avoir des relations de convivialité avec le parti islamiste, au pouvoir à Ankara ? Est-ce que ces velléités peuvent remettre en cause l’alliance stratégique historique et bien consolidée par le nouveau pouvoir de la Turquie  avec Tel-Aviv ? Avec la révision de la politique turque, le Grand Middle East semble remis à l’ordre du jour, par un processus de dynamique interne, un ralliement aux vues  d’une certaine opinion endogène sinon une exécution d’une quelconque volonté extérieure. L’Iran, puissance régionale concurrente a esquissé un rapprochement verbal avec la Turquie, en félicitant Erdogan, à la suite du clash de Davos. Son positionnement idéologique, plus que chïte, d’après mes vues, privilégie également davantage Hamas que l’autorité palestinienne. Au cours de cette période d’épreuves, qu’on ne saurait appeler victoire, la contestation de l’OLP, qui bénéficie d’une reconnaissance quasi générale, difficilement acquise, relève de la surenchère politique et médiatique. Elle peut faire le jeu de ceux qui recherchent des alibis, pour freiner l’élan des partisans de la paix.

Le jeu underground : La tragédie de Gaza a suscité un jeu frénétique underground des acteurs sur scène. Outre la compétition israélienne électoraliste mais macabre, puisqu’elle a engagé et instrumentalisé une guerre contre les civils, la tragédie a mis à l’ordre du jour sur la scène un affrontement jusqu’ici diplomatique entre les axes idéologiques du Moyen Orient. Ce jeu entre le clan modéré et le clan de la moumanaâ, (le processus d’inacceptation) et ceux qui l’ont rejoint, au cours de la surenchère diplomatique, compliquent la situation en intervenant dans le conflit inter-palestinien. Il approfondit la fracture palestinienne et arabe, en tentant de faire valoir les projets des société respectives, qu’on souhaite imposer. Faut-il rappeler que le consensus arabe et/ou musulman, doit s’accommoder  des spécificités de chaque régime arabe, des modèles choisis, par leurs citoyens, comme résultat de leurs discours fondateurs, de leur culture historico-politique propre et leur dynamique interne. L’axe de la moumanaa (du processus de la non-acceptation) doit, par conséquent, contribuer à ce soutien général, accordé à la Palestine en vue d’assurer la restitution de sa souveraineté, mais sans s’impliquer dans les conflits intérieurs entre les différentes mouvances et sans intervenir dans l’identification du projet de société, que les citoyens palestiniens seuls auront le loisir de tester et de choisir, en connaissance de cause.


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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 13:29

La refondation du processus de Barcelone, par l’Union pour la Méditerranée, fut mise à la rude épreuve par l’agression contre Gaza. L’initiative française de créer l’Union de la Méditerranée - fut-elle redimensionnée par l’Union Européenne - apparaissait comme une gageure, dans la mesure où elle intégrait, dans un partenariat régional pour la paix, un Etat occupant des territoires de trois partenaires de l’Union envisagée et confortait sa politique coloniale, par une "pacification", usant tous les moyens de dissuasion et tous les ingrédients du terrorisme d’Etat. Cette situation d’évidence ne pouvait être occultée. La guerre  contre Gaza et les atrocités commises remettaient en cause le discours de partenariat et de coopération.

Un traitement de faveur injustifié : L’analyse des accords de l’Union Européenne avec ses partenaires du Sud révélait les avantages supplémentaires accordées à Israël, qu’on semblait considérer comme un prolongement humain et stratégique de l’Europe. Une politique de tolérance fermait volontiers les yeux de certains de ses acteurs et de la plupart de ses médias et tentait d’orienter, avec plus ou moins de bonheur, ses opinions publiques. Nous remarquerons heureusement, que la conscience humanitaire européenne parvenait souvent à transgresser ce "politiquement correcte", contraire au patrimoine de l’éthique, des Droits et de la citoyenneté responsable. La remise en question de l’indulgence vis-à-vis de l’occupant n’était pas à l’ordre du jour. Qu’on se rappelle le statut privilégié que l’Union Européenne lui a réservé, à la veille de l’invasion de Gaza. Conforté par ce statut d’exception, se sachant impuni, il engagea sa guerre, à la veille de la prise du pouvoir par le nouveau président Obama, dont le discours de campagne annonçait l’application d’un paradigme nouveau, un itinéraire à baliser, pour la paix et la liberté.

Gaza et l’après Gaza :  Tentant de combler "le vide américain", le Président Sarkozy s’est investi, lors de la guerre, comme intermédiaire pour obtenir un cessez le feu. Ses voyages éclairs, sa mobilisation de la troïka européenne, ses concertations avec l’Egypte ont permis d’assurer une présence certes bénéfique sur la scène moyen orientale, mais qui n’a pas pu obtenir l’arrêt de l’agression. D’autre part, l’Union Européenne n’a pas réussi à redéfinir et à re-actualiser, par une prise en compte de la nouvelle conjoncture, la politique traditionnelle qu’elle appliquait dans le traitement du conflit israélo-palestinien. Son adoption, comme postulat, des "alibis" d’Israël et de sa lecture de l’événement comme "guerre contre Hamas", alors qu’il s’agissait bel et bien d’une agression contre la population palestinienne, en vue de consacrer le démembrement de l’Etat à construire,  rendaient son  approche ambiguë. D’autre part, le traitement de la résistance, pourtant légitimée par l’occupation, comme "fait de terrorisme", ne pouvait que surprendre lorsqu’il provient d’une aire bel et bien libérée du pouvoir nazi, par la résistance populaire. Une analyse lucide devrait néanmoins avertir les observateurs que les "espoirs brisés" étaient bien propices aux dérives néfastes pour tous. Ce grand risque n’est pas à dédaigner !

L’offre des pays européens, d’assurer la surveillance maritime de la région au profit d’Israël, "pour arrêter la contrebande des armes vers Gaza" prenait à son compte les alibis de l’Establishment israélien, empiétait la souveraineté des pays de la région et assurait de fait une gestion asymétrique des zones maritimes, dans la région. Une politique égalitaire, à l’instar de celle adoptée par le général de Gaulle, qui arrêterait le ravitaillement en armes de l’Etat belligérant, serait plus appropriée et plus crédible.

Conclusion :  En dépit de sa volonté de participer activement au traitement de la question palestinienne et de sa mobilisation pour les reconstructions périodiques des infrastructures démolies constamment par l’occupant, l’Union Européenne reste un acteur secondaire au Moyen Orient. La poursuite de sa politique traditionnelle, plus favorable à la gestion du conflit qu’à son traitement, n’est pas en mesure de changer la donne. Nous pensons plutôt, en adoptant les conclusions de Michael Emerson que «la crise de Gaza réclame une révision importante de la politique d'UE envers le conflit Israël-Palestine». La position de l’Union Européenne ne peut être en deçà de l’approche du nouveau pouvoir américain, qui adopte de nouveaux paradigmes de relations internationales.  Cette prise de distance par rapport à la carte géopolitique des alliances doit être soutenue et mise en œuvre pour instituer une nouvelle stratégie de sortie de crise et un règlement définitif, assurant la "normalisation" des relations entre les peuples de la région. Les options militaires, attestées par la guerre  contre Gaza, mettent hors de piste de l’UPM, son auteur. Elles bloquent, hélas, la construction de cette aire euro - méditerranéenne… A  à moins que l’UPM n’institue, comme priorité, la résolution de ce conflit qui a trop duré et qui conditionne l’établissement des rapports normaux entre tous les partenaires de son espace.

L’assainissement de l’environnement doit précéder la réalisation des programmes de coopérations à l’échelle de l’UPM. Il ne faut pas attendre un quelconque concours de circonstances. L’affirmation d’une volonté de l’Union Européenne, conforme à  son discours fondateur doit avoir comme objectif de forcer le destin et de reconstruire les nouvelles fondations de l’aire de coopération souhaitée. Peut-on compter sur une mobilisation générale de tous les hommes épris de paix, sans restrictive, dans l’ensemble de notre espace euro-méditerranéen ?



Profeseur Khalifa Chater

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- Michael Emerson,  Editorial : "Just Monitoring Crises" in CEPS European Neighbourhood Watch 45).

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 09:28
 

L’agression d’Israël contre Gaza a remis à l’ordre du jour la question palestinienne, à la veille de l’investiture du nouveau Président Barak Obama. Ce qui l’a érigée, en priorité, par la nouvelle administration américaine, conformément au paradigme qui a défini les engagements de campagne du candidat démocrate. D’autre part, l’exaspération de la communauté internationale, suscitée par la guerre totale, la destruction massive, le pilonnage, durant 22 jours des populations civiles, a ébranlée l’opinion mondiale et confirmé la vocation coloniale, répressive et guerrière de l’Etat d’Israël.  Le discours de la "sécurité d’Israël, par l’insécurité de l’ensemble de l’aire moyen-orientale" et sa volonté d’utiliser les armes de dissuasion condamnées, provoquaient "un retour de la conscience" et une remise en question de l’indulgence dont elle a profité jusqu’ici, par l’Establishment international, qui lui a longtemps accordé un traitement de faveur. Qu’on se rappelle le statut privilégié que lui a réservé l’Union Européenne, à la veille de l’invasion de Gaza.

L’initiative américaine :  La prise en main par le Président Obama du dossier palestinien, dès son investiture, montre les nouvelles prédispositions américaines. Le choix de son émissaire George Mitchel, qui s’est illustré par son traitement de la question irlandaise, son diagnostic de la situation palestinienne, lors d’une mission précédente où il a fait valoir l’incompatibilité de la colonisation, avec le processus de paix, sont de bonnes augures. La nouvelle équipe réalisait, d’autre part, qu’elle devait assurer la conciliation avec l’opinion arabe et musulmane, par le traitement de cette "matrice des relations internationales". Bien entendu, il n’était pas question, pour la nouvelle équipe, de remettre en cause l’alliance prépondérante, mais de tenir compte, dans une certaine mesure, des autres acteurs sur scène, convaincue par ailleurs, que la paix servait tous les protagonistes et assurait leurs sécurités respectives. Pourrait-on espérer la fin des "feuilletons des pourparlers" et arriver à la réalisation effective, sachant que les termes de l’accord sont balisés et connus.

La position israélienne :  Les administrations qui se sont relayées à Tel Aviv ont adopté la tactique de "la carotte et du bâton", se déclarant favorable à l’initiative de la paix, tout en la mettant effectivement en échec et en continuant "la pacification" coloniale. L’administration américaine doit soumettre l’Establishment israélien, à "l’épreuve de la vérité" et l’engager à abandonner sa politique d’apartheid néfaste pour tous. Le dernier discours d’Olmert, demandant aux israéliens de "choisir entre la formule de deux Etats ou d’un seul Etat  avec les populations palestiniennes" évoque l’alternative effective et reconnaît que les Israéliens n’avaient pas encore assumé, la solution préconisée par la communauté internationale, en faveur de la création de l’Etat palestinien.

Le mouvement national palestinien : Il doit prendre acte de la nouvelle donne internationale et agir en conséquence. Défendant coûte que coûte l’initiative de paix, le mouvement Fath "s’est laissé berné", par les promesses du quartet, d’Annapolis et j’en passe. La désillusion de son opinion publique explique sa colère et son inquiétude. L’espoir brisé ne pouvait que conduire vers les dérives. Une analyse objective de la situation et une évaluation de la politique de "la main tendue" à ceux qui se sont révélés les adversaires de la paix, sont en mesure de contribuer à une convergence stratégique des différents acteurs palestiniens. Elles doivent leur permettre d’avertir les différents intermédiaires de la nécessité de ne plus emprunter la voie des négociations alibis, des mises en scènes, sans résultats.

L’aire arabe : le rappel du président Obama de l’initiative de paix arabe doit permettre une mobilisation générale pour l’assumer, la mettre à jour. D’autre part, la communauté arabe a la lourde tâche d’inciter les différentes composantes de la population palestinienne, à rapprocher ses points de vue et à s’unir, autour de ses institutions. Un traitement différentiel avec les différents acteurs, en relation avec de soi-disant axes, ne pourrait qu’approfondir les différends et affaiblir la voix palestinienne. Il ne faut pas que la reconstruction de Gaza soit l’objet d’une "guerre" fratricide, de surenchère, de démonstration de forces pour l’occupation du terrain.

Conclusion : L’administration d’Obama bénéficie d’un "préjugé favorable". Son action doit être soutenue, dans la mesure où elle a pour objectif d’assainir l’atmosphère et de tenter de transgresser la géopolitique dominante. Les acteurs arabes doivent cependant rappeler que le déni de justice au Moyen Orient ne peut qu’exaspérer les passions et susciter les dérives. Il est donc de l’intérêt de tous de calmer les passions, de satisfaire les revendications nationales et d’instituer, par cette "normalisation"  un climat de paix, de coopération et de concorde au Moyen Orient.

                            Professeur Khalifa Chater

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 11:30

"Faisons un rêve", disait Luther King…. Avec l’accession au pouvoir de Barak Hussein Obama, ce rêve est devenu une réalité, pour les Américains et peut être pour le monde, après le cauchemar de la guerre d’Irak, les effets du slogan du "choc des civilisations" et les culpabilisations de l’autre qui s’en suivirent… Le nouveau Président restitue à l’Amérique son prestige, par un retour à ses normes et à ses valeurs fondatrices. Réconciliant les Etats-Unis avec eux-mêmes, intégrant son patrimoine culturel et moral et le conjuguant avec ses mutations d’avant-garde, il annonce une nouvelle ère, érigeant l’utopie salvatrice en réalité.

Le discours d’investiture du président Obama, une synthèse d’un programme audacieux, car novateur, confirme et précise ses engagements de campagne. Barak Obama regarde le monde autrement, par une relecture et une prise en compte des fondamentaux de l’Amérique :

«Nous savons que le patchwork de notre héritage est une force et non une faiblesse. Nous sommes une nation de chrétiens et musulmans, juifs et hindous et non-croyants. Nous sommes issus de chaque langue et chaque culture venue de chaque coin de cette Terre; et parce que nous avons goûté à l'amertume de la guerre civile et de la ségrégation, et que nous sommes sortis plus forts et plus unis de cette épreuve, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire que les vieilles haines finiront par disparaître; que les frontières tribales seront bientôt dissoutes; qu'à mesure que le monde devient plus petit, notre humanité commune se révélera, et que l'Amérique doit jouer son rôle, en ouvrant la voie à une nouvelle ère de paix».

Revendication du multiculturalisme, magistrale condamnation de l’approche de Hutington et de la guerre contre l’autre, qu’elle a mise à l’ordre du jour. Cette évocation de "notre humanité commune" et cette volonté solennellement affirmée de rappeler  " le rôle de l’Amérique ouvrant la voie à une nouvelle ère de paix", prennent toute leur signification dans cette conjoncture de guerres préventives, de démonstrations de forces, d’usage d’armes massives, dans des guerres coloniales bien archaïques :

«Pour ce qui est de notre défense commune, nous refusons de faire un mauvais choix entre notre sécurité et nos idéaux… Ces idéaux éclairent toujours le monde et nous n'y renoncerons pas par opportunisme. Aussi, à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd'hui, des plus grandes capitales au petit village où naquit mon père : sachez que l'Amérique est l'amie de chaque nation et de chaque homme, femme et enfant qui aspire à un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts une fois encore à ouvrir le chemin… ».

La puissance au service de la paix … ! Cette offre généreuse à tous les peuples et gouvernements, mérite d’être méditée. Dans cette ère post-guerre froide qui a occulté le tiers-mondisme, le Président Obama rappelle, avec des accents émotionnels et personnels, la nécessaire prise en compte de tous, des  "plus grandes capitales au petit village où naquit son père ". Les Etats-Unis qui réhabilitent le monde, qui mettent toutes ses composantes sur le même pied d’égalité, qui ne revendique pas, bien au contraire, des velléités d’hégémonie et de puissance.

Dissipant les malentendus, soucieux de faire échec à tout discours de culpabilisation et/ou d’exclusion, Barak Hussein Obama adresse un message particulier au monde musulman, affirmant la volonté du nouvel Establishment américain de chercher une nouvelle façon d'avancer fondée sur "les intérêt mutuels et le respect mutuel". Elargissant sa réflexion à tous les pays, Il les invite à ne pas "imputer les maux de leur société à l’Occident". Cette référence implicite à la dynamique interne des nations est une condamnation de toutes velléités d’ingérence. Point de leçons à donner, mais une simple invitation aux dirigeants à travers le monde, à la construction, au service de leurs peuples.

Ce discours d’investiture, qui définit une nouvelle approche géopolitique internationale, annonce un vaste programme et suscite de grandes attentes. Prenant le pouvoir dans une conjoncture difficile, Barak Obama sait que d’immenses chantiers l’attendent, qu’il doit agir sur plusieurs fronts : crise économique, chômage, quotidien américain, questions du Moyen Orient et traitement des questions internationales d’actualité, dans le cadre de la redéfinition de la politique étrangère américaine etc. Pourrait-il réussir ce défi, à partir du diagnostic sérieux et pertinent qu’il a présenté, dans son discours d’investiture ? 

Professeur Khalifa Chater

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 21:35
   " Je dis que la riposte d'Israël viole le droit humanitaire et est   inacceptable sur le plan moral" (Louis Michel, commissaire européen
 au développement et à l'aide humanitaire ).

 L’évaluation de la situation de Gaza, par Louis Michel, commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, sur la base des informations rassemblées, par ses services, jeudi 8 janvier, devrait susciter une prise de conscience de l’opinion mondiale et mettre fin à ce comportement de ménagement et d’indulgence dont jouit les va-t-en guerre en Israël : "Sept cents morts, dont 30 % sont des enfants et des femmes, quelque 3000 blessés, au moins 2000 familles déplacées, des installations électriques, médicales et des équipements d'eau potable fortement détériorés, des milliers de personnes exposées au froid après la destruction de leur logement, 10 ambulances détruites, 3 cliniques sur 56 en état de marche et des personnes malades ou blessées privées de l'essentiel, des unités de soins intensifs au bord de la rupture, un risque réel d'épidémie ..." Fait-il prendre, sur le compte des profits et pertes, ce feuilleton de "crimes de guerre" qu’on ne peut considérer comme simples bavures ou effets collatéraux de la guerre. Les observateurs internationaux ont cité, comme repères éloquents, le tir des chars contre trois écoles dont celle de Djabalia le 2 janvier (plus de 45 personnes tués), l’assaut, le même jour, contre un convoi de l'agence onusienne (morts de deux manutentionnaires) et le bombardement, le 5 janvier, par les forces israéliennes d’une maison à Zeitoun où elles ont évacué environ cent dix Palestiniens, dont la moitié était des enfants (trente personnes tuées). S'exprimant lors d'une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, à Genève, vendredi 9 janvier, Navi Pillay, la Haute commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme a souhaité l'ouverture d'une enquête indépendante sur de possibles "crimes de guerre" dans la Bande de Gaza et en Israël dans le cadre du conflit actuel. Le CICR a accusé, pour sa part, les forces israéliennes de ne pas respecter le droit humanitaire international. D’autre part, l'agence de l'Onu, chargée de l'assistance aux réfugiés palestiniens (UNRWA), qui fournit une assistance à 750.000 Gazaouis, a suspendu toutes ses opérations dans la bande de Gaza, "en raison de l'augmentation des actes hostiles contre ses installations et son personnel". Faut-il tolérer cette "situation apocalyptique", appelée à se prolonger puisque Israël a décidé de rejeter l’appel au cessez-le-feu du Conseil de sécurité de l’ONU ? En adoptant sa résolution, les Nations unies ont su "s'exprimer haut et fort, avec autorité et sans équivoque", déclara, à l’issue du vote, David Miliband, le secrétaire au Foreign Office du Royaume Uni. Comment faire pour faire entrer dans les faits cet appel - fut-il tardif - de la communauté internationale, pour mettre fin à la tragédie de Gaza ? Trop de malheurs auraient été évités, si l’on avait appliqué les résolutions onusiennes, relatives à la question palestinienne. Encore une fois, l’Onu est mise à l’épreuve, par ces transgressions, que la conscience internationale ne pourrait tolérer ? Ne faut-il pas mobiliser les opinions publiques pour assurer à l’institution internationale sa crédibilité comme instrument de paix et de concorde ! Comment agir pour permettre de redorer le blason de l’ONU, en lui permettant, tout simplement, d’assumer sa mission ?

Professeur Khalifa Chater
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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 19:27

 Le bombardement de Gaza depuis le 27 décembre et son invasion cette semaine, constituent une agression manifeste contre le peuple palestinien. On compte déjà 689 morts palestiniens et 3.000 blessés. Israël  affirme qu’elle a pris l’initiative d’engager cette guerre, pour combattre Hamas et mettre fin aux opérations de résistance et surtout au tir de roquettes sur les régions frontalières. De fait, il s’agit d’assurer les meilleurs conditions de la « pacification coloniale » et tourner la page du processus de paix, avant la prise du pouvoir du Président Obama, que ces opérations militaires mettraient devant le feu accompli.

La communauté internationale doit apprécier, à sa juste valeur, cette politique de consolidation de la colonisation et cet ajournement, sous de multiples prétextes, de l’établissement de la paix, la création de l’Etat palestinien et la normalisation des relations entre les pays et les peuples du Moyen-Orient, au profit de tous. En aucun cas, il ne faut confondre l’agresseur et l’agressé et continuer à accorder un traitement de faveur, au belligérant qui ne respecte pas les décisions onusiennes. Pouvait-on ignorer que la population de Palestine est prise en otage par les autorités coloniales, puisque Israël continue à occuper la Cisjordanie et à contrôler l’enclave de gaza. Elle vit sa tragédie quotidienne, sous la menace d’un système de domination, qui dénie ses droits, l’asservit et l’exploite.

Le statut de Gaza n’était pas meilleur. Certes, Israël s’est retiré unilatéralement de Gaza, en 2005, mais son bouclage effectif, l’a laissée à la merci des dictats de l’occupant. Engageant une politique de punition collective - soi-disant pour affaiblir Hamas, le parti que son refus de solution a accrédité aux dépens du Fatah - Israël imposa un blocus économique dur à la bande de Gaza, la privant d’eau, d’électricité et même des biens de première nécessité. La détérioration de la situation économique et humanitaire pouvait difficilement s’accommoder de la trêve devenue formelle, puisqu’elle n’assurait pas les conditions de coexistence normale. Peut-on renier, dans ces conditions, que le pouvoir colonial a pris les initiatives des affrontements, obligeant ses victimes à tester les moyens de résistance, pour recouvrer la souveraineté de leur peuple. Certains modes de résistance de désespoir sont certes à déplorer. Mais Hamas est, «largement, le produit de l'inaction politique et de l'absence de perspectives pour la population palestinienne» (éditorial du journal Le Monde, 6 janvier 2009).  Le blocage des négociations a affaibli le parti du Président Abbas, favorable aux négociations. Hamas est bel et bien le produit de l’impasse, recherchée par les va-t-en-guerre  de Tel avive. Qu’on ne perde pas de vue cette triste réalité.

L'armée israélienne continue de pilonner la Bande de Gaza, alors que les troupes au sol, qui ont déjà occupé ses faubourgs, se rapprochaient des quartiers les plus peuplés de la ville. Quelles sont les chances d’un cessez le feu, répondant aux appels internationaux ! Les conditions posées par Israël, confortant la « pacification », maintenant ses dictats de blocage de la bande de Gaza et aliénant la souveraineté populaire sont inacceptables.  Il faut que la communauté internationale remette à l’ordre du jour le respect des Droits de l’homme, y compris en Palestine. On ne peut tolérer et instituer la morale de la jungle. Tout traitement de l’affaire devrait exiger le droit à l’autodétermination et inscrire comme priorité la réalisation du processus de paix.

Et d’ailleurs, le traitement de l’affaire est politique et non militaire. On ne peut vaincre un peuple qui réclame sa liberté. Tout retard dans la solution mettra en cause la stabilité dans la région, créera des rancoeurs. Il faut tenir compte des effets de la colère des populations arabes. Ne sous-estimons pas, d’autre part, l’impact de la prise de conscience de l’opinion publique internationale qui prend ses distances par rapport aux acteurs politiques. Son appel à la raison peut l’inciter, à exiger un retour aux normes.  

Pr. Khalifa Chater

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 09:05
Il est intéressant d’esquisser un bilan de la mise en perspective générale de la création de la nouvelle instance « l’Union pour la Méditerranée », depuis son sommet fondateur, le 13 juillet, à Paris, jusqu’à la réunion ministérielle de Marseille (3 - 4 novembre 2008), chargée de finaliser le projet et de mettre sur pied ses institutions et ses programmes. Cette nouvelle instance est à l’épreuve des faits. Elle a l’ambition d’aller au delà du processus de Barcelone. Elle propose l’institution d’un véritable leadership euro-méditerranéen, par une « appropriation » commune du projet et fait valoir la centralité de la Méditerranée, dans l’établissement des nouveaux rapports euro-méditerranéens. Est-ce qu’on est en mesure d’assurer à l’UPM les conditions nécessaires pour assurer cette «transgression», si attendue du processus de Barcelone? Ne risque-t- elle pas, de connaître les blocages qui ont ralenti le processus de Barcelone, limité ses ambitions et réduit ses programmes ? J’évoquerai le climat de tension au Moyen-Orient, mais aussi la compétition entre les partisans européens des aires de la Méditerranée, de l’Europe de l’Est et de l’outre-atlantique. Est-ce que l’institution créée peut disposer des conditions que requièrent son autonomie de décision et de gestion et d’avoir nécessairement un budget propre, en relation avec l’ampleur de la mission. Ces conditions n’ont pas été remplies dans le cas du processus de Barcelone. D’autre part, est-ce que le processus engagé est en mesure de mettre à l’ordre du jour une révision de la nature des relations, pour ériger un véritable partenariat ? Ne risque-t- on pas, au contraire, de s’en tenir au statu quo de vigueur, se contentant, au mieux, d’introduire des aménagements secondaires, dans le cadre de rapports de voisinage, mais sans concessions majeures. L’étude des programmes futurs de l’UPM - qui retrouve son appellation initiale, en contrepartie du choix de Barcelone comme siège -, et l’évaluation des ambitions du nouveau partenariat, permettraient de répondre à ces question. Observations relatives à la mise en oeuvre : A ce stade, nous devons cependant remarquer : 1- que l’UPM, dont le Sommet fondateur fut une réussite, par l’ampleur de la participation, l’ambition de sa déclaration et la prise en compte des enjeux politiques, économiques, sociaux et environnementaux de l’aire, a été déclassé comme priorité, par la grave crise économique, qui incite les acteurs européens à se tourner plutôt vers la gestion de la crise. 2- Progressive nécessairement, la remise en oeuvre du projet doit attendre la création des institutions. En dépit du compromis sur le choix de Barcelone, comme siège et des arrangements diplomatiques sur la répartition des charges de secrétaires généraux adjoints, le fonctionnement de l’UPM débutera effectivement, après le choix d’un Secrétaire général, dans un contexte de reconstruction d’un compromis Nord/Sud et Machrek/Maghreb, puisque le Secrétariat doit être choisi du Sud, en contrepartie du choix européen du siège. 3 - En dépit de ces accords, le Conseil des ministres de Marseille (3 - 4 novembre 2008) n’a pas réalisé le consensus général de tous les acteurs de l’aire. Des réserves ont été exprimées, avant et pendant cette dernière assise et n’oublions pas des non-dits éloquents. Le leadership euro-méditerranéen ne peut s’accommoder d’accords ponctuels et des programmes à géométrie variable, n’engageant pas, par conséquent, l’ensemble de la communauté. Il faut cependant remarquer que l’action internationale se réalise souvent par la construction de compromis successifs. 4 - Le programme entériné, pour la phase de démarrage, est bel et bien en-deça des attentes, en dépit de la pertinence des projets identifiés. Ces accords minima n’appréhendent pas les préoccupations des populations de l’aire. Dans ces conditions, ils ne peuvent pas faciliter leur adhésion. Pourraient-ils contribuer à transgresser «le mur de la méditerranée» ? 5 - Une approche optimiste permettrait, cependant, de faire le pari sur la démarche progressive, par étapes et sur les effets d’entraînement de la dynamique. Mais n’oublions pas que les enjeux de l’aire - certains diraient les situations d’urgences - requièrent des traitements rapides et des solutions globales, en relation avec l’identification de nouvelles perspectives et de nouvelles visions. Conclusion : Le sommet fondateur de Paris (13 juillet 2008) et les réunions ministérielles qui l’ont suivi ont permis de prendre acte des approches différentielles de ses acteurs. Nous pouvons même dire que l’immense intérêt manifesté par certains pays sud-méditerranéens s’est, dans une certaine mesure relâché, vu la redimension du projet par souci de compromis, l’idealtypus de la Méditerranée, «zone de paix et de développement» devenant un voeux pieux. Notons, cependant, que la dynamique mise en marche est en mesure d’ouvrir des horizons, de transgresser la pesanteur géopolitique actuelle, d’engager les remises en question nécessaires. Nous disons en conclusion que les leçons de Barcelone, - objet jadis d’un véritable enthousiasme - doivent nous inciter à voir en grand, à opter pour des projets globaux, à réviser les stratégies d’alliances, de coopération, de concertation et de co-développement. Facteur positif à prendre en compte, la nouvelle instance met sur pied un nouveau cadre d’action, identifie une nouvelle démarche et oriente ses acteurs vers une nouvelle stratégie. Prenons la mesure des nouvelles donnes et défis qui nous concernent tous de part et d’autre de la Méditerranée.
Professeur Khalifa Chater
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 08:54

L'inattendu, l'improbable s'est produit...Avec l'élection de Barak Obama, l'Amérique  a marqué sa volonté d'ouvrir une nouvelle ère :


 1-Les huit ans de la présidence de Bush relèvent désormais de l'histoire. Elle gardera, en mémoire, les effets de l'unilatérisme, de la guerre préventive, fut-elle non justifiée ! L'élection d'Obama permettra de réconcilier l'Amérique avec le monde. Je dirais plutôt qu'elle réconcilie l'Amérique avec elle-même, avec son opinion publique, avec ses principes fondateurs.


2- L'élection d'un afro-américain consacre, la vision "arc en ciel", une reformulation plus appropriée que le melting-pot, pour exprimer cette volonté de participation communautaire effective. De ce pont de vue, le discours s'est inscrit dans la réalité. Il aura son impact et ses effets d'entraînement en Amérique et ailleurs. Dans l’Amérique désormais post-raciale, il incarne le nouveau rêve américain.


3 - Elu dans une difficile conjoncture, le Président Obama doit faire face :

   - à la crise financière et son impact social,

   - à la remise en question de la politique extérieure des USA et de ses engagements militaires,

 - à l'amélioration de l'image des Etats-Unis, en relation avec son statut d'hyperpuissance.

 

Consacrant l'échec de la droite conservatrice, la victoire d’Obama est en mesure d'assurer la promotion des Etats-Unis. Mais est-ce  que cette volonté de changement sera en mesure de réussir sa mise à l'épreuve face à la pesanteur  de la politique, de la réalité des intérêts internationaux, des alliances traditionnelles et des préférences géopolitiques  ?

Désormais tout le monde  regarde  la nouvelle Amérique.  Tout le  monde  s'érige en témoin  de ce nouvel espoir. Sera-t-elle en mesure de faire face à ce grand défi ?



Professeur Khalifa Chater
Site : http://chaterkhalifa.info
Email : chaterk@hotmail.com
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