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Blog d'analyse géopolitique

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Moyen-Orient : Faisons parler les chiffres !

 Une lecture  de l’actualité de cette semaine, dans le Moyen-Orient élargi, The Great Middle East du projet américain, qui, de fait, englobe désormais, l’Afghanistan et le Pakistan, présente des résultats records des convulsions de cette aire traumatisée, par les guerres d’Afghanistan et d’Irak et ses effets sur la scène palestinienne.

En Afghanistan, au moins 56 personnes ont été tuées et quarante blessées, dimanche 17 février 2008, dans un attentat perpétré en plein spectacle de combat de chiens à Kandahar, ville du sud de l'Afghanistan. Ecarté par la coalition internationale, en 2001, le pouvoir Taliban, en relation avec la nébuleuse d’al-Kaïda, multiplie les attentats, remettant en cause le nouvel Establishment, en dépit des troupes étrangères (quelque 60.000 soldats), qui soutiennent le gouvernement de Hamid Karzaï. Comment sortir de l’impasse, dépasser cet équilibre instable et mettre sur pied un pouvoir de concorde, qui doit abolir l’économie dominante de la drogue et s’atteler au développement du pays et au bien être de ses habitants ?  Au Pakistan, arrière-scène d’Afghanistan, trente-neuf personnes sont mortes et 93 sont blessées dans l'attentat le plus sanglant depuis le début de l'année, samedi 16 février, lors d'un rassemblement du parti de l'opposante assassinée Benazir Bhutto, à deux jours des législatives. Dans le sud de la Bande de Gaza, des affrontements ont eu lieu, dimanche 17 février, entre des soldats israéliens, appuyés par des avions et des chars, et des Palestiniens. Ils ont fait un mort et huit blessés. Ces affrontements font partie du quotidien, dans ce combat inégal, où l’exercice du «droit de poursuite», stratégie d’arrière-garde adoptée par le pouvoir colonial français lors de la guerre d’indépendance algérienne et re-actualisée par le gouvernement Olmert. En Irak,  deux attentats ont fait au moins 19 morts, dimanche 10 février. Les multiples discours américains, qui  faisaient valoir une réduction sensible des attentats, reconnaissaient sensiblement leur permanence. Ce qui est bel et bien confirmé par le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, qui a visité Bagdad, le jour des deux attentats et a déclaré qu’il retardait la réduction du contingent américain après juillet. La pause envisagée attestait que la situation restait préoccupante.

Escalade et mise en péril, la mise en dépendance et « la démocratisation ethnique » qu’elle a instituée- ce traitement du mal par le pire -, ont provoqué l’extension du terrorisme, tout en confortant le conservatisme anachronique, les stratégies de désespoir et les va-t-en-guerre. Consolidé par les nouveaux rapports de forces et la démission de la communauté internationale dont on ne saurait expliquer sa tolérance des faits de terrorisme d’Etat et de ses attentats ciblés, le parti israélien de la guerre préfère s’adonner à la « pacification » coloniale, tout en essayant, dans le domaine diplomatique, de gagner du temps, pour faire valoir le fait accompli. 

 

Khalifa Chater

 

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