" Je dis que la riposte d'Israël viole le droit humanitaire et est inacceptable sur le plan moral" (Louis Michel, commissaire européen
au développement et à l'aide humanitaire ).
L’évaluation de la situation de Gaza, par Louis Michel, commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, sur la base des informations
rassemblées, par ses services, jeudi 8 janvier, devrait susciter une prise de conscience de l’opinion mondiale et mettre fin à ce comportement de ménagement et d’indulgence dont jouit les va-t-en
guerre en Israël : "Sept cents morts, dont 30 % sont des enfants et des femmes, quelque 3000 blessés, au moins 2000 familles déplacées, des installations électriques, médicales et des équipements
d'eau potable fortement détériorés, des milliers de personnes exposées au froid après la destruction de leur logement, 10 ambulances détruites, 3 cliniques sur 56 en état de marche et des
personnes malades ou blessées privées de l'essentiel, des unités de soins intensifs au bord de la rupture, un risque réel d'épidémie ..." Fait-il prendre, sur le compte des profits et pertes, ce
feuilleton de "crimes de guerre" qu’on ne peut considérer comme simples bavures ou effets collatéraux de la guerre. Les observateurs internationaux ont cité, comme repères éloquents, le tir des
chars contre trois écoles dont celle de Djabalia le 2 janvier (plus de 45 personnes tués), l’assaut, le même jour, contre un convoi de l'agence onusienne (morts de deux manutentionnaires) et le
bombardement, le 5 janvier, par les forces israéliennes d’une maison à Zeitoun où elles ont évacué environ cent dix Palestiniens, dont la moitié était des enfants (trente personnes tuées).
S'exprimant lors d'une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, à Genève, vendredi 9 janvier, Navi Pillay, la Haute commissaire des Nations unies pour les droits de
l'homme a souhaité l'ouverture d'une enquête indépendante sur de possibles "crimes de guerre" dans la Bande de Gaza et en Israël dans le cadre du conflit actuel. Le CICR a accusé, pour sa part,
les forces israéliennes de ne pas respecter le droit humanitaire international. D’autre part, l'agence de l'Onu, chargée de l'assistance aux réfugiés palestiniens (UNRWA), qui fournit une
assistance à 750.000 Gazaouis, a suspendu toutes ses opérations dans la bande de Gaza, "en raison de l'augmentation des actes hostiles contre ses installations et son personnel". Faut-il tolérer
cette "situation apocalyptique", appelée à se prolonger puisque Israël a décidé de rejeter l’appel au cessez-le-feu du Conseil de sécurité de l’ONU ? En adoptant sa résolution, les Nations unies
ont su "s'exprimer haut et fort, avec autorité et sans équivoque", déclara, à l’issue du vote, David Miliband, le secrétaire au Foreign Office du Royaume Uni. Comment faire pour faire entrer dans
les faits cet appel - fut-il tardif - de la communauté internationale, pour mettre fin à la tragédie de Gaza ? Trop de malheurs auraient été évités, si l’on avait appliqué les résolutions
onusiennes, relatives à la question palestinienne. Encore une fois, l’Onu est mise à l’épreuve, par ces transgressions, que la conscience internationale ne pourrait tolérer ? Ne faut-il pas
mobiliser les opinions publiques pour assurer à l’institution internationale sa crédibilité comme instrument de paix et de concorde ! Comment agir pour permettre de redorer le blason de l’ONU, en
lui permettant, tout simplement, d’assumer sa mission ?