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Blog d'analyse géopolitique

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La rencontre Olmert /Mahmoud Abbas (27 décembre 2007)

Au-delà de « la diplomatie des congrès » !

Professeur Khalifa Chater

 

Illusion puis désillusion, la rencontre d’Annapolis n’a pas échappé à la règle. Le pouvait-elle alors qu’elle s’inscrivait dans le feuilleton des rencontres israélo-palestiniennes, des réunions du Quartet, qui se tiennent dans un contexte de tolérance des transgressions des décisions de l’ONU, d’une occupation militaire du terrain, d’un développement de la colonisation. J’ai eu l’heureuse opportunité d’assister, le jeudi 29 novembre au compte rendu, par le Président Abou Mazen, de la rencontre, le lendemain de sa clôture. Les réunions préparatoires censées déblayer le terrain, n’avaient pas assuré les conditions requises au dialogue : arrêt de la colonisation, fonctionnement des institutions, retrait des troupes et suppression des barrières. La conférence d’Annapolis se limita à assurer, dans un contexte de « pacification» évident, l’ouverture des négociations, en présence du Président américain et des représentants de la communauté internationale. La victoire du clan de la paix fut symbolique dans la mesure où on dut curieusement s’accommoder d’absence d’engagement pour la réalisation effective de la solution finale des deux Etats. Fait grave, on occulta le référentiel onusien qui devait être appliqué pour résoudre la question et on ne tint pas compte des avancées des négociations antérieures. Le « préjugé favorable » accordée par la délégation palestinienne fut rapidement dissipé par le discours israélien, annonçant immédiatement après la clôture des travaux - drôle de suivi et d’effet d’entraînement d’une conférence de paix ! - la reprise de la colonisation.

La rencontre du Premier ministre israélien Ehud Olmert et du Président palestinien Mahmoud Abbas, jeudi 27 décembre, à el-Quods, devait au préalable, réaliser un accord sur les conditions requises de l’engagement des pourparlers. La délégation palestinienne annonçait son intention de faire valoir, comme Condition Sine Qua None, l’arrêt de la colonisation, pierre d'achoppement des deux dernières rencontres entre les équipes de négociateurs israéliens et palestiniens.  La question fut au centre des discussions d’al-Quods. sans que l'Etat hébreu n'annonce un arrêt total de la construction en territoire occupé. Fait surprenant, le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas ont décidé de mettre en sourdine leurs désaccords bloquant les négociations de paix, à l'approche d'une visite du président américain George W. Bush en janvier. Ce qui atteste une intervention américaine, en vue de rapprocher les points de vue.

Faut-il surestimer les attentes d’une intervention du Président américain ? La médiation américaine s’est jusqu’ici limitée à l’organisation du timing des pourparlers et aux questions de procédure. Pour être utile, la médiation américaine ne doit pas se contenter de réunir les protagonistes sur le terrain, mais plutôt recommander et, pour quoi pas, imposer la nécessaire prise de décision, en vue de la résolution de cette question essentielle du Moyen - Orient.  Elle doit, d’abord et avant tout, exiger d’Israël d’honorer ses engagements, d’appliquer les décisions de la communauté internationale et de mettre fin à la colonisation pour ouvrir les horizons d’une paix générale dans l’aire. Or, en dépit du re-ajustement annoncée de sa politique au Moyen-Orient, les Etats-Unis n’ont pas remis à jour, en conséquence, leur carte traditionnelle des alliances du Moyen-Orient. Et pourtant l’opinion américaine avertie souhaite vivement un retour aux normes, confortant le statut des Etats-Unis, accréditant son discours pour la liberté des peuples et le droit de l’homme, sans exclusive et sans restriction partisane.

En attendant, l’impasse qui se prolonge et les ressentiments qu’elle nourrit assurent la dramatisation de l’aire palestinienne, la radicalisation des opinions et la montée des périls. Elles approfondissent le fossé entre le mouvement Fath, qui gouverne la Cisjordanie et Hamas qui maîtrise la Bande de Gaza. Tous d’eux vivent dans un état d’équilibre instable. Au sein du Fath, les espoirs déçus de la stratégie de la négociation fondent une opposition de plus en plus significative. D’autre part, au sein de Hamas, le bouclage de Gaza, son siège et son boycottage incitent à la création d’une opposition prônant la modération et la prise en compte du contexte. Ces ceux scissions en vue doivent plutôt conforter ceux qui militent pour une reconstruction de l’unité, garante du succès.

L’assassinat de Benazir Bhutto (27 décembre 2007) et les dernières opérations terroristes qui dépassent les zones d’affrontement traditionnelles attestent la grave extension de l’aire d’insécurité et de terrorisme. La communauté internationale doit se mobiliser pour mettre fin aux tragédies, panser les blessures et imposer l’Etat de Droit dans le monde au Moyen-Orient, pour éviter l’exploitation des bonnes causes par les structures de dérive. C’est à ce prix qu’on peut faire valoir la culture de la paix, la normalisation des relations et la concorde entre les nations.

Khalifa Chater

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