Blog d'analyse géopolitique
Fait d’évidence, le Sommet de la Ligue des Etats arabes de Khartoum (28-29 mars 2006) n’a pas été en mesure de répondre aux attentes des populations et de faire face aux graves défis d’un contexte tragique. Désintérêt des acteurs - de nombreux chefs d’Etats (dix sur vingt deux) ont préféré se faire représenter –, désillusion des populations, tous les ingrédients sont réunis pour redimensionner ces assises rituelles, sans grande portée. A l’exception de l’évocation du bout des lèvres, de la tragédie du Darfour et du rappel d’un précédent Sommet tenu au Soudan, en 1967, qui devait s’illustrer par la stratégie commode mais combien inopérante du refus - les fameux « trois non » : non à la reconnaissance d’Israël, non à la négociation, non à la paix -, Khartoum fut un non-événement, ou presque.
Est-ce à dire que la géopolitique arabe était plus favorable à la pause qu’à la prise de décision, que les affrontements sur le terrain ne requéraient pas des interventions d’urgence ? A défaut de consensus, impossible dans la situation présente, vu les cartes des alliances naturelles ou de contre-nature, ne faut-il pas privilégier «les petits pas », par la construction de compromis pragmatiques et progressifs ?
Appareil/relais, structure bureaucratique, marge de manœuvre bien réduite, vu l’insuffisance des moyens financiers et la quête perpétuelle du consensus, fut-il de façade ! Ne faudrait-il pas, songer plutôt à réaliser l’heureuse mutation de la Ligue en assise de concertation et de prise de décision d’un partenariat arabe égalitaire ? La solidarité arabe a bien plus besoin de volonté politique que d’appareil, tel « un arbre qui cache la forêt »
Khalifa Chater