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Blog d'analyse géopolitique

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Les élections israéliennes, des enjeux à relativiser !

Quelle signification accordée aux dernières élections israélienne ? Légère avance de Kadima, sur le Likoud, (28 des 120 sièges de la Knesset, contre 27), triomphe des partis de droite (65 sièges, contre 55), meilleure position de Nétanyahou, le chef du Likoud, pour former une coalition, les analystes européens se sont empressés de dégager les rapports de forces qui émergèrent lors de cette dernière consultation, d’évoquer les blocages qu’elles peuvent induire et de faire valoir les risques d’arrêt des négociations. Qu’en est-il au juste ?

Il serait certes excessif de définir ces élections comme un non événement.  Mais il faudrait relativiser leur portée, leur signification et leur impact. Utilisant leur grille de lecture, les journalistes occidentaux ont évalué les résultats de ces élections et tenté de dégager la répartition des mouvances qui se sont exprimées, entre la droite, le centre et la gauche ? Or, ces concepts importés, calqués et instrumentalisés pour appréhender un establishment spécifique, ne peuvent qu’induire en erreur, l’observateur non averti. Entre les appareils politiques israéliens, la démarcation idéologique couvre des nuances politiques, des luttes de personnes, des humeurs sinon des dérives. En ce qui concerne la question du processus de paix, problème essentiel et vital, les différentes composantes de la société politique sont unanimes dans leur recherche d’alibis pour gagner du temps, bloquer de fait les négociations et poursuivre la colonisation. Fut-elle non revendiquée, la politique d’expansion est à l’ordre du jour des différents partis, depuis l’assassinat de Rabin.

La guerre contre Gaza, dernier test définissant les options politiques des partis israéliens, a été l’objet d’un vrai consensus de la coalition au pouvoir. Elle bénéficia, de la part du Likoud, d’un  appui avec surenchère. Ironie du sort et remise en cause de la politique du regretté Rabin, cette guerre contre les civils fut dirigée par le chef du parti travailliste, qui s’est illustré, auparavant par la mise sur pied du blocage du processus de paix, sous prétexte de l’absence d’un interlocuteur palestinien, niant la représentativité du leader Yasser Arafat. Les tractations de ces derniers jours en vue de la formation du nouveau gouvernement par la recherche de l’alliance d'Avigdor Lieberman, le chef du parti ultranationaliste Israel Beitenou ("Israël, notre maison") attestent que l’Establishment israélien s’accommode d’une intégration d’un parti qui affiche son racisme.

Rien de bon à attendre, rien de nouveau, rien donc n’a changé. Le statu quo, en vigueur a mis en œuvre le feuilleton tragique de la colonisation et de la répression. En tant que logique d’action et perspectives d’avenir, la politique est bel et bien occultée. La mise en condition de l’électorat, les discours pour redimensionner les partisans de la paix et réussir ce référendum d’appui à la dérive guerrière, ne peuvent que favoriser l’escalade et la mise en péril de tous.

L’actualité a cependant montré la dépendance effective d’Israël du soutien extérieur, qu’elle sollicite régulièrement, sous prétexte qu’elle est sous la menace de son environnement. La nouvelle conjoncture de la guerre contre Gaza, qui a défini l’agression, ses méthodes et ses enjeux et l’émergence d’un nouveau pouvoir américain, soucieux de faire aboutir le processus de paix, constituent un tournant, susceptible de mettre à l’ordre du jour la création, au profit de tous, d’une aire de paix et pourquoi pas de coopération.

Pr. Khalifa Chater

 

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