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Blog d'analyse géopolitique

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La guerre de Gaza et les risques du " piège de la continuité".

Les analystes avertis ne se contentent guère d’analyser l’événement exclusivement d’après ce qui se passe sur la scène. Au-delà de l’affrontement sur le terrain, de la collision des forces des protagonistes et des discours des acteurs, qu’ils soient agresseurs ou agressés, l'examen de l’événement nécessite  une prise en compte des références respectives, érigées en postulats, une identification des objectifs respectifs, plus ou moins avoués et une connaissance des comportements politiques des uns et des autres. La guerre de Gaza illustre la complexité des composantes de l’affrontement israélo-palestinien, ses effets d’entraînement et le jeu des acteurs qu’elle a mis à l’ordre du jour, sur la scène, mais aussi l’avant-scène et l’arrière-scène.

Pour l’Establishment israélien, il s’agissait de faire valoir sa force de dissuasion et de mettre devant le fait accompli, Barak Obama, qui a affirmé sa volonté de mettre en exécution, la solution promise et constamment différée de la création de l’Etat palestinien. Il ne s’agissait point de marginaliser le parti Hamas, qui constitue l’ingrédient nécessaire à la désunion palestinienne. Dans cette optique, le gouvernement Olmert a célébré sa victoire, fut-elle entachée par le nombre élevé des victimes de son agression. Cette mobilisation pour un enjeu tactique trahit une occultation d’une vision stratégique qui impliquerait nécessairement la définition de perspectives d’avenir, en vue d’assurer la paix avec l’environnement et l’intégration dans l’aire de voisinage.

De son côté, Hamas, défini comme objet de la guerre et par conséquent protagoniste exclusif, par le gouvernement israélien, a mis en œuvre sa vision tactique. Se trouvant à l’avant-scène, lors de l’agression de Gaza, puisqu’elle qu’elle s’est érigé en pouvoir de fait, elle fait valoir, aux dépens de l’OLP, sa "légitimité", comme front de résistance, bénéficiant de l’appui de l’axe de la moumanaa, le processus de non-acceptation. Ce qui fait l’affaire des ennemis du clan des modérés et permet, à l'Etat hébreu, de l’utiliser comme prétexte du refus de la négociation.

A l’arrière-scène, un combat de soutien et parfois de surenchère, conforte la division palestinienne, offrant aux partisans des idéologies de repli et des projets de sociétés salafites, un terrain de manœuvre opportun. A cette occasion, des discours de légitimation d’un leadership des oulémas, selon la définition traditionnelle, est mis en exergue. Peut être faudrait - il rappeler, vu les mutations de l’aire arabe que les vrais leaders d’opinion sont les "intellectuels organiques" versés dans les sciences d’aujourd’hui, connaissant les exigences des temps présents, appréhendant les rapports de forces de la géopolitique. L’aire arabe a davantage besoin, durant cette épreuve, d’une privilégisation de "l’éthique de responsabilité", avec ce qu’elle implique de lucidité, de connaissance des rapports de forces et de quête des résultats, plutôt que de démonstration verbales.

Notre analyse doit cependant reconnaître que les tentatives de dérive, - certains se hasardent même à parler d’exploitation de l’événement - constituent heureusement l’exception et non la règle. Elles ne peuvent affecter les partisans d’une stratégie d’espoir, en faveur de perspectives de paix. Pour faire face aux défis, la communauté internationale devrait faire échec au " piège de la continuité", que le gouvernement Olmert a mis récemment à l’ordre du jour, anticipant les velléités de blocage du processus de négociation, par le gouvernement en formation, issu des dernières élections.

Pr. Khalifa Chater

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