Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Blog d'analyse géopolitique

Publicité

L’underground d’un "jeu de rôles" !

La conférence des donateurs, tenue lundi 2 mars, à Charm el-Cheikh, en Egypte, a permis la mobilisation de la communauté internationale, pour financer la reconstruction de Gaza, après la guerre et ses conséquences tragiques et néfastes. Il fallait, en effet,  résoudre cette situation humanitaire d’urgence et tenter de réparer les dégâts considérables causés par l'opération israélienne Plomb durci. Mais «n'aurait-il pas été préférable de réunir d'abord une conférence internationale destinée à empêcher que Gaza soit de nouveau détruite? » (commentaire du site interactif Rue 89, 3 mars 2009). Faut-il laisser Gaza et la Transjordanie "vivre sous perfusion" ? N’aurait-il pas fallu se mobiliser d’abord pour lever le siège de Gaza et l’embargo qui affecte dangereusement la vie de ses habitants, pris en otage ? Actuellement, les territoires palestiniens sont privés de leurs moyens d’autonomie et la communauté internationale semble s’accommoder de cette catastrophe humaine et ménage son auteur. Le discours conditionnant l’aide constitue un dérivatif commode, puisque les canaux onusiens, déjà en place à Gaza, pouvaient prendre en charge l’opération, à condition cependant de casser les "goulots d’étranglement" institués dans le cadre de la politique d’Apartheid et d’aliénation de la souveraineté populaire. Le discours sur Hamas, produit de l’escalade israélienne, doit être relativisé. Le traitement de la question palestinienne, permettra de calmer le jeu et de redimensionner les mouvements anachroniques de désespoirs et les dérives extrémistes, y compris, bien entendu Hamas- sur la scène palestinienne et au Moyen-Orient. L’escalade est mauvaise conseillère. Elle est loin de constituer un facteur de lucidité.

L’analyse de la situation internationale doit se référer à ce qui arrive et à ce qui se prépare. Le projet de doubler les colonies, annoncé par le gouvernement en situation de départ et les programmes rendus publics par le gouvernement en formation de Natinyahou  exigent que la communauté internationale, Nations Unies, Quartette, Union Européenne et bien entendu le leadership effectif américain, sonnent l’alarme et se concertent pour arrêter cette descente aux enfers. L’idée de réunir une conférence internationale doit être crédibilisée par la décision d’un prompt passage à l’acte, puisque les cartes de l’accord sont prêtes. Autrement, elle ne servirait qu’à faire gagner du temps aux ennemis de la paix, ceux qui recherchent à continuer l’expansion territoriale et à mettre le monde devant le fait accompli.

Dans ce contexte moyen oriental d’épreuves, les velléités de re-équilibrage, entre les puissances régionales et les aires d’alliance nourrissent des tensions supplémentaires. Les visées exprimées et démenties, par certains politiciens iraniens sur le Bahreïn, les réactions qu’elles ont provoquées sur "le défi iranien" et certaines  ruptures annoncées, ne sont pas de nature à colmater la fracture entre les axes et à favoriser la reconstruction de l’unité palestinienne, alors que le Président Obama se propose de normaliser les relations américaines avec la Syrie et d’engager un dialogue avec l’Iran.

Peut-on, alors, appréhender le comportement des acteurs sur la scène moyen orientale, comme un "jeu de rôles", c’est-à-dire  un jeu de société dans lequel les participants - les maîtres de jeu et  le groupe de joueurs, assurent ou interprètent des rôles et vivent ensemble leurs comportements antagonistes par le biais de déclarations ?  Mais nous sommes hélas dans un autre cas de figure, puisqu’il s’agit, en fait, d’un "jeu de vérité", avec les graves conséquences qu’il implique ! 

Pr. Khalifa Chater

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article