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Blog d'analyse géopolitique

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Le «choc des civilisations»

une idéologisation de la culture de guerre !

Professeur Khalifa Chater

L’ère post-guerre froide consacre la fin des idéologies et des discours utopiques qui éloignent l’homme de son quotidien, en lui ouvrant des perspectives d’avenir, promettant un lendemain meilleur. «Demain on rase gratis» annonçait des affiches dans les échoppes des coiffeurs de jadis. Idéologie combien on a tué en ton nom, dans tes différentes visions totalitaires ! Est-ce à dire que tout est dans le meilleur des mondes, que le vécu n’a pas besoin d’être amélioré, que le développement inégal doit perdurer, que les rapports asymétriques doivent se maintenir, sinon s’accentuer, que les relations internationales n’ont pas besoin d’être régularisées et re-équilibrées ?

L’ambitieux projet de Kofi Annan de réforme de l’ONU définit comme priorité, entre autres, «la lutte contre la pauvreté, l’élargissement du conseil de sécurité et la codification de l'entrée en guerre » etc. Ce qui atteste le niveau de prise de conscience de la communauté internationale de la gravité des enjeux et de l’urgence de la re-actualisation du principe fondateur de l’Onu, impliquant la re-dynamisation de son action, selon les normes remises à l’ordre du jour.

Plus de justice internationale et plus de solidarité, identification de grands projets fédérateurs de co-développement, institution d’une culture de paix ! Plus d’action et moins de discours, pour engager des programmes d’amélioration des conditions de vie. La définition des visions globales de promotion de la communauté internationale constitue la meilleure alternative à la fin des utopies.

Des voies pessimistes restent, cependant, attachées aux utopies guerrières. Le discours du «choc des civilisations» semble s’inscrire dans cette mouvance. Faut-il coûte que coûte trouver un ennemi, pour compenser la disparition de l’URSS ? Adoptant comme explication, la théorie de Samuel Huttington, Henri Kissinger explique sinon légitime la guerre d’Irak, en ces termes : «Elle concerne moins la géopolitique que le choc des idéologies, des cultures et des croyances religieuses» (Editorial, Lessons for an exist Strategy, Washington Post, 12 /8/2005). Il serait hasardeux d’occulter les objectifs politico-économiques de l’intervention anglo-américaine en Irak et d’expliquer l’initiative du Président Bush, par le discours huttingtonien. Par respect pour les normes bien établies de la communauté internationale, il faut rejeter ses implications géostratégiques et redimensionner ce discours de la dérive qui joue en faveur des extrémistes des deux bords.

Khalifa Chater 

1er septembre 2005

 

 

 

 
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