Blog d'analyse géopolitique
Je communique donc je suis. Quelle gageure ? La pensée dominante se plait à célébrer l’ouverture des horizons de l’aire-monde, mise en place par l’autoroute de l’information. Et pourtant la libre pensée, l’autonomie de la décision voient leurs marge de manœuvre bien réduites, prises au piège des nouveaux mécanismes de la communication …
Substitut de la convivialité humaine, des relations complexes qui l’entretiennent, du débat qui la nourrit, la communication outre-camputer « virtualise » les rapports humains et les annihilent. Le chat est un dialogue dépersonnalisé, entre des pseudonymes. Dans les différents autres secteurs, des acteurs d’ombres tiennent lieu de partenaires attitrés. Dans les forums de la pensée, de la politique et de la recherche scientifique, on peut difficilement séparer la graine de l’ivraie, l’expert et le prétendant.
C’est dire que la confusion est totale, puisque l’espace n’est pas balisé et que la toile opère sans discernement. «L'enfer, c'est les Autres» affirmait Sartres (Huis clos, 1944). Or, le système virtuel et l’immatériel qu’il institue, occultent les personnages. Tragédie des temps nouveaux, comment leur restituer la psychologie des vivants, leur rationalité et leurs émotions et rétablir les règles de jeux de la vie en société.
Certes, l’apport de l’information-flux, de la communication instantanée est indéniable. Mais une formation citoyenne doit responsabiliser les internautes, pour réhabiliter le contact humain et remettre les nouvelles technologies dans leur rôle générique, au service de la sociabilité humaine. Il faut remettre les pendules à l’heure.
Khalifa Chater